L'atout résilience - L'adaptation climatique comme levier de performance pour le Private Equity

Unwritten | L'atout résilience

Avant-propos

Phillip Marks - Unwritten, PDG

J'ai le plaisir de vous présenter notre dernière publication, l'Atout Résilience. Elle expose notre vision de la manière dont les investisseurs peuvent renforcer leur résilience face au changement climatique et faire de mesures d'adaptation précises et calibrées un levier de performance pour leurs sociétés en portefeuille dans les années à venir.

Lors de nos échanges cet été avec nos clients Private Equity et Infrastructure, un constat s'est imposé parmi les dirigeants : ce levier recèle un fort potentiel d'impact. Cette réalisation découle de l'expérience récente et concrète de chocs subis par les sociétés en portefeuille (ou par leurs pairs), qu'il s'agisse de leurs opérations directes ou de leurs chaînes d'approvisionnement, sous l'effet des risques climatiques. À mesure que ces chocs pèsent davantage sur les résultats, nos clients associent de plus en plus leurs équipes d'investissement et de création de valeur aux réflexions sur les investissements préventifs qui protègent les revenus des sociétés en portefeuille.

Dans ce contexte, nous avons développé trois messages clés dans cette publication :

  • La résilience peut accroître les marges. Nous présentons six leviers opérationnels permettant de créer de la valeur autour de cet enjeu, chacun ayant un impact mesurable sur l'EBITDA.
  • Des lacunes d'exécution freinent peut-être les acteurs. Nous soutenons que le renforcement de la résilience pourra être piloté efficacement par les équipes des sociétés en portefeuille de demain, mais des obstacles subsistent aujourd'hui, au risque de confiner les analyses et les enseignements au seul stade de l'étude.
  • Un nouveau modèle opérationnel est porteur de promesses. Des espaces de travail multilingues, dotés d'IA, peuvent intégrer des capacités de gestion du risque climatique et de résilience dans l'ensemble du portefeuille, en transformant l'expertise en actions concrètes que les équipes de direction peuvent mettre en œuvre sur le terrain. Cette technologie permet aux équipes de direction de renforcer leur résilience de façon autonome, sans mobiliser un temps, des talents ou des capitaux disproportionnés.

Au nom de toute l'équipe Unwritten, nous espérons que cette publication vous intéressera et vous souhaitons un été reposant.

Section 1 - Pourquoi renforcer la résilience aux risques climatiques peut accroître les marges

Pour la plupart des sociétés de gestion (GP) en Private Equity, l'époque où la dette bon marché et les stratégies de consolidation constituaient les principaux moteurs de l'expansion des multiples appartient au passé. De plus en plus de GP fondent leur thèse d'investissement sur une transformation opérationnelle en profondeur et sur une création de valeur portée par la technologie, afin de générer une croissance des résultats et atteindre les multiples cibles des exits. Dans ce contexte, les chocs opérationnels majeurs qui peuvent affecter les opérations directes et les chaînes d'approvisionnement des sociétés en portefeuille (PortCos) prennent naturellement une importance accrue.

Les arrêts de production imprévus coûtent désormais aux 500 plus grandes entreprises mondiales 11 % de leur chiffre d'affaires, soit près de 1 400 milliards de dollars par an. Du côté des chaînes d'approvisionnement, toutes industries confondues, les entreprises subissent une perturbation majeure d'une nature ou d'une autre tous les 3,7 ans, soit un intervalle bien inférieur à la période de détention standard des fonds. Sur dix ans, ces chocs effacent en moyenne 45 % de l'EBITDA des douze derniers mois (LTM) sur cette période.

Ces perturbations ont des origines variées : menaces de cybersécurité, progrès technologiques rapides, évolutions réglementaires, contentieux juridiques, crises sanitaires et instabilité financière. Au sein de nombreux GP, les équipes d'investissement et les conseils d'administration attachent une grande importance à promouvoir de bonnes pratiques de gouvernance et de mécanismes efficaces de résilience face à cet éventail de menaces. Pourtant, si les événements météorologiques extrêmes et autres risques climatiques auraient dû figurer parmi ces facteurs, ils ont parfois été mal appréhendés ces dernières années, ou jugés par certaines équipes de décideurs trop rares ou trop improbables pour justifier les investissements préventifs susceptibles d'en limiter les pertes. Aujourd'hui, ce point de vue est réexaminé de très près, car les impacts financiers des perturbations opérationnelles — provoquées par la fréquence et l'intensité croissantes d'événements météorologiques liés au changement climatique d'origine humaine — s'observent dans un éventail plus large de pays et de secteurs.

À mesure que les GP et les équipes dirigeantes de leurs PortCos cernent mieux cette exposition au risque, les notions de risque climatique physique, d'investissement dans l'adaptation et de renforcement de la résilience se normalisent sur les marchés privés. On a en revanche moins souvent reconnu la façon dont investir proactivement dans des mesures de renforcement de la résilience — qui réduisent l'impact des arrêts d'exploitation liés aux risques climatiques physiques — peut générer une expansion significative des marges pour les Portcos.

Le tableau ci-dessous présente six leviers de création de valeur, chacun associé à une problématique opérationnelle appelée à s'aggraver sous l'effet de la montée des risques climatiques dans les années à venir, et à un ensemble de solutions dont l'impact sur l'EBITDA est mesurable. Ensemble, ils démontrent que le renforcement de la résilience opérationnelle aux risques climatiques a toute sa place dans les objectifs de création de valeur.

LevierLa problématiqueRenforcement de la résilience & impact sur la rentabilité
Sécuriser la couverture assurantielle et limiter la hausse des primes de risquesPour certaines sociétés en portefeuille exposées aux risques physiques, la couverture assurantielle devient plus difficile à obtenir et les primes augmentent. Les pertes mondiales assurées en dommages et responsabilité (P&C) ont dépassé 100 milliards de dollars sur six années consécutives, atteignant un total de 107 milliards de dollars en 2025, et les primes d'assurance immobilière aux États-Unis ont augmenté d'environ 48 % entre 2020 et 2024. Certains assureurs se sont déjà retirés de zones en Californie et en Floride après des années de pertes croissantes. La plupart des entreprises ne présentent pas aux assureurs de données de risque à l'échelle de leurs sites ni de mesures d'atténuation documentées ; les primes sont donc fixées sur la base de profils de risque plus larges, et non de protections qui seraient réellement mises en place.• Réaliser des évaluations de risque à l'échelle des sites pour chaque actif assuré et de recenser les mesures d'atténuation existantes. • Le cas échéant, investir dans des mesures de résilience ciblées qui améliorent l'assurabilité. • Documenter les résultats qui peuvent être présentés aux assureurs au renouvellement des contrats, dans leur langage et avec des données vérifiables. • Impact sur l'EBITDA : sécuriser l'assurabilité peut contribuer à protéger tout ou partie des flux de revenus contre les perturbations liées à l'aggravation du changement climatique physique. Les mesures d'adaptation documentées à l'échelle du site peuvent être présentées aux assureurs, avec à la clé une possible réduction des primes et une baisse des coûts.
Prévenir les arrêts d'exploitationToutes industries confondues, les entreprises peuvent désormais s'attendre à subir des perturbations de leur chaîne d'approvisionnement d'un mois ou plus tous les 3,7 ans, soit un intervalle bien inférieur à une période de détention standard des fonds. Sur une décennie, ces chocs effacent en moyenne 45 % d'un an d'EBITDA. Au-delà des pertes directes, McKinsey souligne également « un risque supplémentaire de perte définitive de parts de marché au profit de concurrents capables de maintenir leur activité ou de se rétablir plus vite », tandis que S&P Global prévoit que, sans adaptation, 1 200 milliards de dollars de coûts annuels liés au risque physique viendront s'ajouter à ce tableau d'ici les années 2050.• Les sites peuvent être catégorisés selon leur contribution au chiffre d'affaires, leur criticité opérationnelle et leur exposition aux aléas. • Le coût d'une interruption sur chaque site devrait être chiffré en termes de perte de revenus potentiels. • Là où le risque impactant les revenus est le plus élevé et les coûts de mise en œuvre les plus faibles, des mesures d'adaptation ciblées peuvent se justifier. • Impact sur l'EBITDA : les revenus peuvent être préservés à mesure que les délais de reprise sur les sites critiques se réduisent et que la fenêtre d'opportunité offerte aux concurrents épargnés ou plus prompts à se rétablir se resserre.
Gagner des appels d'offres et réduire l'attrition clientLa réglementation de l'UE impose aux grandes entreprises de rendre compte de la performance environnementale de leurs chaînes d'approvisionnement, dont environ 90 % de l'empreinte repose sur des fournisseurs (souvent plus petits). Outre les gros acheteurs qui exigent des données, les appels d'offres concurrentiels demandent aux candidats de démontrer des politiques ESG solides et de bonnes pratiques en matière de risque et de résilience. Les fournisseurs qui ne sont pas au niveau sont ensuite désavantagés dans les processus d'achat et les renouvellements de contrats.• Il est possible d'identifier les acheteurs clés ou clients potentiels soumis à des obligations de reporting de durabilité telles que la CSDDD, ou chez qui existe une préférence culturelle pour des politiques ESG solides et de bonnes pratiques en matière de risque et de résilience. • Veiller à ce que l'infrastructure de données ESG et l'analyse des risques répondent systématiquement aux besoins des propositions commerciales ou aux exigences de reporting des clients existants sur leur chaîne de valeur. • Les indicateurs de durabilité, les données et les analyses peuvent ensuite être suivis et présentés dans les appels d'offres concurrentiels. • Impact sur l'EBITDA : les flux de revenus existants des clients qui exigent des données de leurs fournisseurs peuvent être protégés, et de nouveaux revenus peuvent être générés grâce à un meilleur positionnement dans les mises en concurrence.
Protéger la chaîne d'approvisionnementLes perturbations mondiales des chaînes d'approvisionnement ont progressé de 38 % sur un an en 2024. La même année, 76 % des compagnies maritimes européennes ont déclaré des perturbations tout au long de l'année, le changement climatique étant cité comme un facteur important. À cela s'ajoute que seules 42 % des entreprises ont une visibilité au second rang de leur chaîne de valeur et au-delà, là où se concentrent les dépendances. Ces chaînes complexes et fragiles subissent de nouveaux chocs sous l'effet de l'aggravation du risque climatique physique et de risques de transition – volatils et inégaux, liés à un paysage réglementaire climatique fragmenté à l'échelle mondiale.• Les fournisseurs et leurs sites précis qui constituent des points critiques de vulnérabilité concentrée au sein de la chaîne de valeur peuvent être identifiés et cartographiés. • Modéliser l'impact financier hypothétique d'une interruption sur le site d'un fournisseur clé permet de constituer une base traçable. • Envisager des stratégies d'approvisionnement de proximité (ou de double approvisionnement) lorsque les risques physiques représentent une menace significative pour un fournisseur. • Impact sur l'EBITDA : le déploiement stratégique du double approvisionnement et de l'approvisionnement de proximité peut atténuer la compression des marges habituellement associée à des risques climatiques physiques qui deviennent plus fréquents et intenses. En assurant la continuité de leur activité, les entreprises peuvent stabiliser leurs flux de revenus et se prémunir contre les hausses soudaines des coûts fournisseurs.
Réduire les coûts d'empruntCertains prêteurs demandent de plus en plus de données de risque environnemental dans leurs analyses de crédit, à l'origination comme au refinancement. Les émissions de prêts indexés sur la durabilité (SLL) ont atteint 463 milliards de dollars dans le monde en 2024, en hausse de 18 % sur un an, et les exigences relatives à la crédibilité des KPIs ont été relevées en 2025 : des termes de crédit favorables supposent désormais la fourniture de données réelles pour soutenir l'engagement. En mars 2025, Moody's a relevé la note de PG&E Corp., invoquant la réduction du risque d'incendies de forêt comme facteur de renforcement de son profil financier.• Une infrastructure de reporting permettant des KPI de SLL crédibles — comprenant les résultats de l'évaluation du risque climatique, les données d'émissions et les CAPEX rapportés aux plans d'adaptation — conditionne l'obtention de conditions favorables. • Ces données et analyses peuvent ensuite être présentées aux pools de prêteurs sollicités pour des taux avantageux via un SLL (ou équivalent) lors d'un refinancement. • Impact sur l'EBITDA : la baisse du coût du capital ne modifie pas directement l'EBITDA opérationnel, mais elle peut contribuer à améliorer le flux de trésorerie disponible (Free Cash-Flow).
Renforcer le narratif durable pour les exitsAujourd'hui, les fonds de LBO détiennent quelque 32 000 sociétés non cédées, valorisées à 3 800 milliards de dollars, dont près de 40 % sont détenues depuis cinq ans ou plus. Sur un marché des exits encombré, où les taux d'intérêt et l'inflation demeurent élevés, les acquéreurs mènent des due diligences rigoureuses et évaluent souvent les risques climatiques. Selon certaines estimations, les investisseurs en Private Equity peuvent obtenir une revalorisation de 6 à 7 % des multiples de sortie grâce à des stratégies de durabilité bien exécutées. Documenter les résultats de l'évaluation du risque climatique, ainsi que les actions engagées pour renforcer la résilience, permet de garder la maîtrise du récit présenté dans la due diligence vendeur (Vendor Due Diligence, VDD).• Un récit de résilience solidement étayé peut être construit pour chaque PortCo pendant la période de détention : évaluations de risque à l'échelle du site pour tous les actifs critiques, mesures d'adaptation documentées, et épisodes marquants où ces mesures ont dégagé un retour sur investissement (ROI) manifeste. • Une due diligence vendeur ESG spécifique peut être demandée dans le cadre du processus de cession. • Impact sur l'EBITDA : une stratégie de résilience climatique robuste et bien documentée peut favoriser la valorisation et les TRIs, en particulier lorsqu'elle démontre un solide retour sur investissement tout au long de la période de détention et offre des perspectives convaincantes pour les dix années à venir.

Section 2 - Un nouveau modèle opérationnel pour renforcer la résilience

Le statu quo centralisé

Si l'argumentaire d'investissement en faveur du renforcement de la résilience aux risques climatiques à l'échelle du portefeuille a été établi dans la section précédente et offre des opportunités tangibles à certains GPs, des lacunes dans l'exécution peuvent subsister et empêcher de concrétiser ces opportunités financières pendant la période de détention ou à la sortie. Dans le paradigme actuel, ce sont généralement les GPs qui réalisent les évaluations des risques climatiques et naturels des PortCos. Celles-ci servent avant tout en due diligence initiale, au reporting et au suivi périodique du portefeuille lors des grands points d'inflexion des sociétés, comme une expansion externe rapide. Mais il existe une anomalie dans ce statut quo : tandis que les GPs cherchent proactivement à comprendre les risques financiers, ce sont les équipes de direction des PortCos qui sont le plus exposées opérationnellement. Les équipes des PortCos gèrent la réalité quotidienne des fragilités fournisseurs, de la dégradation des actifs physiques et des chocs commerciaux imprévisibles alimentés par des agendas politiques changeants, des ruptures technologiques et une opinion des clients en perpétuelle évolution. Si les données produites par les GPs peuvent être une aide à la décision pour les entreprises, les cadres traditionnels peinent parfois à combler l'écart entre les analyses investisseurs et l'exécution sur le terrain.

Les facteurs qui limitent l'action

Historiquement, traduire les enseignements climatiques à l'échelle du portefeuille en stratégies de création de valeur localisées et au niveau de chaque société, s'est heurtée à trois obstacles structurels ancrés :

  • Le déficit de maturité : la culture de la durabilité et du climat au sein des équipes dirigeantes des PortCos de taille intermédiaire demeure inégale, et un manque structurel de familiarité avec les résultats d'analyse de risque climatique et leurs modèles sous-jacents complexes peut freiner l'adhésion en interne.
  • L'inadéquation architecturale : les évaluations climat au niveau du fonds sont souvent fournies par des conseils externes ou des outils historiques construits pour une supervision agrégée du portefeuille. Leurs résultats sont donc rarement assez structurés ou granulaires pour être opérationnellement exploitables au sein des entreprises.
  • Le goulot d'étranglement en ressources et la multiplicité des langues : en particulier dans les PortCos low ou mid-market, la barrière des langues multiples et les ressources limitées peuvent entamer la capacité d'action. Lorsque les synthèses des risques climatiques sont diffusées aux sociétés en portefeuille via des PDFs disparates, rédigés en anglais, sans aucun support pour monter en compétences ni cadre de mise en œuvre, les équipes de direction des PortCos peuvent se sentir démunies et bridées dans leur capacité à générer de la valeur opérationnelle.

Pour surmonter ces obstacles, des équipes de durabilité des GPs, déjà sollicitées et à court de temps, devraient consentir un effort disproportionné en jouant les formateurs, les traducteurs et les spécialistes de la donnée. À défaut, certaines PortCos devraient supporter des coûts de conseil localement ou de l'acquisition de leurs propres licences de logiciels. Cette approche redondante et inefficace oblige les PortCos à financer un travail en doublon.

Un nouveau modèle opérationnel

Les progrès technologiques et les applications spécialisées de l'IA commencent à ouvrir la voie à un nouveau modèle opérationnel, hautement collaboratif. Ce changement peut aider à la fois les GPs et les PortCos à atteindre leurs objectifs — distincts et parfois communs — de gestion des risques et de création de valeur tout au long de la période de détention, sans mobiliser de part et d'autre un temps, des talents ou des capitaux disproportionnés.

En misant sur une architecture sécurisée et cloud, des plateformes comme Unwritten sont conçues pour mettre à disposition un espace de travail à l'ensemble du portefeuille d'un GP. Cette approche décentralisée peut transformer l'analyse des risques climatiques et de la résilience en une capacité plus accessible et localisée. Au sein de cet écosystème opérationnel moderne, chaque PortCo dispose d'un espace de travail sur mesure, reposant sur trois piliers :

  • Une base de montée en compétence localisée et à la demande : des cursus pédagogiques multimédias et des boîtes à outils techniques sont proposés dans la langue maternelle de l'utilisateur. L'objectif est d'amener les équipes de direction des PortCos à un socle commun de compétences climatiques, sans mobiliser les ressources des GPs.
  • Des copilotes IA multilingues : des outils d'IA natifs qui fonctionnent dans plusieurs langues pour interpréter les signaux de risque complexes, expliquer la méthodologie, automatiser l'intégration fastidieuse des données et accélérer la planification de stratégies localisées de résilience climatique.
  • Des flux de travail collaboratifs : un espace de travail direct et sécurisé qui facilite l'alignement en temps réel entre GP et PortCo. Cet espace fluidifie l'intégration des données, standardise la production de rapports et documente avec preuves la mise en œuvre des mesures d'adaptation à l'échelle des actifs.

Le bénéfice commercial

Renforcer la résilience aux risques climatiques dans l'ensemble des sociétés en portefeuille peut atténuer des impacts financiers significatifs et positionner l'entreprise comme un actif de premier plan, durable et pérenne. Les GPs ont désormais la possibilité de cultiver plus efficacement cette résilience grâce à un nouveau modèle opérationnel qui dote directement les équipes de direction d'outils innovants. La section suivante détaille comment ce modèle opérationnel peut être déployé à grande échelle.

Grâce à Unwritten, nous analysons les risques climatiques à partir de données de localisation publiques et offrons à nos sociétés en portefeuille un accès sécurisé pour consulter, modifier et valider les informations relatives à leurs propres sites. Hg comme nos PortCos peuvent explorer les résultats en toute autonomie et en tirer des enseignements via les fonctionnalités d'IA : Hg s'appuie sur ces analyses pour le reporting investisseurs et le suivi des portefeuilles, tandis que les entreprises peuvent identifier, prioriser et mettre en œuvre des actions destinées à réduire ou atténuer les risques liés au climat. Cette approche collaborative garantit une analyse à la fois précise et exploitable, permettant aux sociétés en portefeuille de renforcer leur résilience opérationnelle grâce à des stratégies d'adaptation concrètes et fondées sur les données.Caroline Löfgren, Directrice du développement durable, Hg

Section 3 - Mettre en place ce nouveau modèle opérationnel : un cadre en cinq étapes pour les GPs

Les GPs peuvent s'appuyer sur tout ou partie des étapes de cette section pour déployer ce nouveau modèle opérationnel.

Étape 1 - Comprendre la matérialité

À partir des premiers constats de due diligence ou de l'analyse portefeuille, le GP peut jouer un rôle important en s'assurant que l'analyse est correctement orientée et pertinente. Il peut utiliser sa boîte à outils pour concentrer l'attention des équipes dirigeantes des PortCos : d'un univers initial et large d'actifs, couvrant les opérations directes et la chaîne d'approvisionnement, vers le groupe souvent bien plus restreint de sites où le risque climatique physique fait peser une menace financièrement significative sur l'activité. Cela permet d'orienter l'effort en aval des PortCos là où le retour sur investissement en résilience sera vraisemblablement le plus élevé.

  • Caractériser l'exposition globale de chaque PortCo à l'aide d'un screening ou avec les derniers résultats d'analyse portefeuille.
  • Séquencer les travaux en commençant par les PortCo où le risque climatique physique est le plus significatif et où la période de détention restante anticipée est la plus longue : les travaux de résilience peuvent avoir besoin de temps pour se traduire en valeur réalisée avant l'exit.

Résultat : Une liste séquencée des PortCos que le GP souhaite mobiliser sur les travaux de renforcement de la résilience, précisant les sites, au sein de chaque société, susceptibles de nécessiter une analyse approfondie.

Étape 2 - Donner aux sociétés en portefeuille les moyens de réussir

Avant tout début d'analyse, le GP et chaque interlocuteur concerné au sein de la PortCo (souvent un responsable du développement durable, ou équivalent) devraient définir un modèle de collaboration privilégié pour ces travaux, en précisant les rôles, les responsabilités et les mesures de gouvernance qui incombent à chaque partie. Voici notre liste de points initiaux à couvrir :

  • Données — Qui détiendra la vue « maître » des données de la société et des actifs pertinents pour cet exercice ? Qui uploadera ces données dans l'outil d'évaluation du risque climatique et veillera à un contrôle qualité suffisant ? À quelle fréquence ces données seront-elles actualisées ?
  • Analyse — Une fois les données chargées, quelles sont les tâches d'analyse précises que l'interlocuteur de la PortCo devra réaliser ?
  • Reporting — Quels sont les principaux livrables de reporting, internes et/ou externes, qui communiqueront cette analyse ? Quelle fréquence pour chaque livrable ou audience ? Qui tiendra la plume pour la rédaction, la relecture et la validation de chaque livrable ?
  • Agir sur les constats — Une fois les risques significatifs identifiés, comment les mesures de résilience seront-elles arrêtées entre GP et PortCo ?

Résultat : Un document de procédure opératoire standard, revu par le responsable durabilité du GP et les interlocuteurs concernés de la PortCo.

Les analyses d'Unwritten permettent une évaluation et un suivi continus des risques liés au climat dans l'ensemble de notre portefeuille, loin de l'évaluation annuelle réalisée par le passé, principalement à des fins de reporting. Cela nous permet de collaborer avec nos sociétés en portefeuille pour déployer, au bon moment, des mesures d'atténuation stratégiques ou des opportunités de créer de la résilience pendant notre période de détention et au-delà.Yve Kindargi, Responsable du développement durable, Oakley Capital

Étape 3 - Développer les compétences

Pour que les interlocuteurs des PortCos s'approprient et pilotent ces chantiers avec une réelle autonomie, ils doivent maîtriser la boîte à outils analytique et disposer du contexte nécessaire pour dialoguer de manière crédible avec les assureurs, les prêteurs, les clients et les investisseurs. Le processus de montée en compétences doit être efficace, accessible à toutes les PortCos quelles que soient leur langue maternelle et leur niveau de maturité sur les sujets climat, et ne pas reposer uniquement sur les épaules du GP.

Un atelier de cadrage, animé par le GP ou un expert tiers, permet de lancer le programme et de poser le contexte clé. Comme nous l'expliquons dans la section 4, les outils de formation les plus récents dotés d'IA offrent ensuite un mode de diffusion très efficient pour le cursus de base, disponible dans n'importe quelle langue et disponible au sein du logiciel d'analyse des risques.

Résultat : Des interlocuteurs de PortCos confiants, capables d'exploiter la boîte à outils analytique de façon autonome, d'en évaluer les résultats avec esprit critique, de sélectionner les leviers de renforcement de la résilience et d'en présenter l'argumentaire aux membres du comité exécutif lorsque cela s'avère nécessaire.

Étape 4 - Obtenir une vision exacte du risque net

Pour l'échantillon de sites où le risque climatique brut est significatif sur les plans opérationnel et financier, un registre des mesures de résilience existantes devrait être saisi dans la boîte à outils analytique afin d'éviter de surestimer l'exposition réelle. Cette tâche devrait être réexaminée régulièrement, au fur et à mesure que de nouvelles mesures sont mises en place, que de nouveaux sites sont ajoutés itérativement, que les mesures d'atténuation existantes sont renforcées ou que les données d'aléas sont sensiblement améliorées.

  • Exemples de mesures de résilience opérationnelle structurelles : barrières anti-inondation, amélioration du drainage, surélévation des équipements critiques, installation d'alimentations de secours, systèmes d'extinction d'incendie, renforcement des structures.
  • Exemples de mesures de résilience opérationnelle axées sur la continuité : plans de continuité d'activité formalisés, réacheminement de la production, stocks tampons aux points critiques.

Résultat : Une vision à jour des risques climatiques significatifs pesant sur la société en portefeuille, nette des dernières mesures prises pour adapter le modèle d'activité et assurer une résilience structurelle.

Étape 5 - Sélectionner et mettre en œuvre les leviers

Pour chaque site où le risque net demeure significatif, une sélection de mesures calibrées pour renforcer la résilience devrait être présélectionnée, retenue puis mise en œuvre en temps voulu. On peut tenir compte des points de contrôle ci-dessous lors de la réalisation de cette étape :

  • Établir la liste restreinte de mesures de résilience propres à chaque site et à chaque aléa, assorties d'indicateurs d'intensité de CAPEX et de l'impact attendu.
  • Lorsqu'un second avis est nécessaire avant d'engager du CAPEX, faire appel à des spécialistes tiers, tels que des cabinets d'inspection de sites ou des experts de la chaîne d'approvisionnement dotés d'une expertise sectorielle.
  • Construire un plan CAPEX/OPEX assorti d'un séquencement et d'un budget, convenu entre la PortCo et le GP.

Résultat : Un plan d'adaptation et de résilience bien séquencé pour le reste de la période de détention, avec des estimations des coûts.

Étape 6 - Monitoring

À mesure que le plan d'adaptation et de résilience est mis en œuvre sur les sites clés, la PortCo utilise l'espace de travail pour en apporter la preuve, et le calcul en temps réel du risque net s'améliore. Le modèle de gouvernance décrit à l'étape 2 devrait proposer la fréquence ou les seuils de matérialité déterminant le moment où les données doivent être mises à jour dans l'espace de travail. De même, bien que le GP ne pilote pas la mise en œuvre, il devrait revoir l'analyse à une périodicité convenue et collaborer avec les PortCos en fonction des besoins.

Résultat : Un rapport d'avancement trimestriel (ou de fréquence similaire) sur la mise en œuvre des mesures de renforcement de la résilience, susceptible d'alimenter à tout moment les échanges avec les membres du conseil, les investisseurs (LP), les prêteurs ou les assureurs.

Section 4 - L'avantage Unwritten

Mettre en œuvre un plan de création de valeur exige souvent une collaboration entre de multiples parties prenantes au sein des opérations de la PortCo, ainsi qu'une conduite opérationnelle exigeante et un changement transformationnel de l'intérieur. Unwritten a bâti une plateforme opérationnelle qui dote les interlocuteurs durabilité déjà en place au sein des PortCo des outils nécessaires pour renforcer, de façon efficiente et autonome, la résilience opérationnelle aux risques climatiques physiques, sans avoir à déployer des programmes à grande échelle. La plateforme est conçue pour s'adapter aux différents niveaux de maturité en matière de durabilité d'une PortCo à l'autre. Élaborée au fil de déploiements répétés dans de multiples organisations, notre approche s'ancre dans une expérience concrète de mise en œuvre et vise à produire des résultats dans des environnements opérationnels réels. Notre approche à trois piliers offre un cadre reproductible pour déployer le renforcement de la résilience à l'échelle des PortCos, en conjuguant appropriation locale, cohérence et supervision à l'échelle du portefeuille.

Pilier 1 : Autonomie

Donner aux PortCo les moyens de réussir grâce à une définition claire des rôles, à l'engagement et à un accès démocratisé.

Unwritten supprime les barrières à l'entrée et libère les équipes pour qu'elles se concentrent sur l'amélioration opérationnelle plutôt que sur la complexité des processus. Chaque PortCo dispose d'un espace de travail dédié, sécurisé et privé. Les équipes s'y connectent, visualisent leurs actifs et leurs données de risque, et travaillent dans leur propre langue : la plateforme traduit tout en temps réel. Le GP fixe le cap et les attentes, conserve une visibilité totale sur l'ensemble des espaces de travail et peut intervenir à tout moment.

  • Un engagement durable. Les ateliers de travail traditionnels ont une durée d'élan limité, l'implication retombant généralement après le départ des partenaires conseil. Unwritten Workspaces intègre l'apprentissage directement dans les tâches quotidiennes, de sorte que l'engagement se construit et se renforce dans la durée.
  • Des équipes internationales incluses. Les supports rédigés dans la langue du GP excluent les équipes opérationnelles non anglophones. La traduction en temps réel d'Unwritten permet au responsable d'un site, où qu'il soit dans le monde, de s'impliquer directement et sans délai.
  • Un seul environnement, des rôles clairs. Les e-mails et les disques partagés morcellent le travail. L'espace de travail dédié d'Unwritten place la PortCo aux commandes : le GP passe du pilotage du processus à sa supervision.

Pilier 2 : Précision

Offrir une vision haute résolution, à l'échelle du site et de l'ensemble du portefeuille, ajustée des mesures de résilience et assortie d'un suivi continu des risques émergents.

Unwritten réalise une analyse du risque climatique physique à l'échelle du site pour 18 aléas physiques, à l'aide de modèles offrant une résolution spatiale allant jusqu'à 30 m partout dans le monde. Le copilote IA de la plateforme compile des milliers de points de données pour recommander automatiquement, pour chaque site, des stratégies d'adaptation et de résilience très ciblées, assorties d'indicateurs de coûts et de résultats attendus. Les interlocuteurs des PortCos peuvent aisément saisir ou mettre à jour les mesures d'adaptation déjà en place à l'échelle du site, afin que la plateforme puisse calculer une vision juste de l'exposition au risque physique net.

Pilier 3 : Efficience

Optimiser le workflow entre GP et PortCo pour accélérer l'évaluation des risques et renforcer la résilience, tout en réduisant au minimum le travail manuel.

Si l'intérêt des travaux d'évaluation du risque climatique et de planification de la résilience est indéniable, ceux-ci ne représentent qu'une fraction du plan global de création de valeur mis en œuvre pendant la période de détention. Ces travaux doivent donc être efficients et ne pas mobiliser une part disproportionnée de ressources. Unwritten fluidifie le processus grâce à des leviers d'efficience essentiels :

  • Une intégration des données sans friction : ce qui exigeait traditionnellement des semaines de collecte et de saisie manuelles se réduit à un simple chargement. Le copilote IA d'Unwritten gère automatiquement l'intégration de données multiformats sur l'ensemble du portefeuille.
  • Une élaboration rapide des stratégies : plutôt que d'attendre des semaines l'élaboration de feuilles de route de résilience par des consultants ou en interne, la plateforme s'appuie sur une analyse rigoureuse à l'échelle du site pour générer en quelques minutes des plans d'atténuation et d'adaptation sur mesure.
  • Une génération de contenu dynamique et exportable : au-delà des modèles PDF rigides et des tableurs statiques, Unwritten propose une édition de documents pilotée par l'IA. Les utilisateurs peuvent recourir à des requêtes en langage naturel pour ajuster instantanément le ton, le niveau de technicité et les éléments visuels, afin de s'adapter à tout type d'audience.

La résilience opérationnelle, renforcée dans tout votre portefeuille

Unwritten Workspaces est la plateforme opérationnelle dédiée au renforcement de la résilience des PortCo : un environnement sécurisé et privé permettant à chaque société en portefeuille d'évaluer son risque physique, de bâtir des plans d'adaptation et de documenter les preuves qui alimentent les échanges avec les assureurs, les financeurs, les clients et lors des exits. Utilisé par les équipes et les sociétés en portefeuille des plus grands investisseurs des marchés privés, sur quatre continents.

Découvrez comment Workspaces équipe votre portefeuille : support@unwritten.co

Références

  1. Siemens (2024) The True Cost of Downtime 2024 : How Much Do Leading Manufacturers Lose Through Inefficient Maintenance ? Erlangen : Siemens AG, Digital Industries. Disponible à l'adresse : https://www.siemens.com/senseye-predictive-maintenance
  2. McKinsey Global Institute (2020) Risk, Resilience, and Rebalancing in Global Value Chains. New York : McKinsey & Company. Disponible à l'adresse : https://www.mckinsey.com/capabilities/operations/our-insights/risk-resilience-and-rebalancing-in-global-value-chains
  3. Swiss Re Institute (2025) Natural Catastrophes in 2025 : Insured Losses and Outlook. Zurich : Swiss Re. Disponible à l'adresse : https://www.swissre.com/institute
  4. Environmental and Energy Study Institute (EESI) (2025) Climate Change and the Cost of Property Insurance. Washington, D.C. : EESI. Disponible à l'adresse : https://www.eesi.org
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  6. McKinsey Global Institute (2020) Risk, Resilience, and Rebalancing in Global Value Chains. New York : McKinsey & Company. Disponible à l'adresse : https://www.mckinsey.com/capabilities/operations/our-insights/risk-resilience-and-rebalancing-in-global-value-chains
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  10. Maersk (2024) Logistics Trends Report 2024 : European Supply Chain Disruption. Copenhagen : A.P. Moller-Maersk. Disponible à l'adresse : https://www.maersk.com/news
  11. McKinsey & Company (2026) Supply Chain Resilience : Visibility and Action. New York : McKinsey & Company. Disponible à l'adresse : https://www.mckinsey.com/capabilities/operations/our-insights
  12. Natixis CIB (2025) Sustainable Debt in Focus : 2024 Summary and 2025 Outlook. Paris : Natixis Corporate & Investment Banking, Green & Sustainable Hub, 14 April. Disponible à l'adresse : https://gsh.cib.natixis.com/our-center-of-expertise/articles/sustainable-debt-in-focus-2024-summary-and-2025-outlook
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  15. Bain & Company (2026) Global Private Equity Report 2026. Boston : Bain & Company. Disponible à l'adresse : https://www.bain.com/insights/topics/global-private-equity-report
  16. PRI, Bain & Company, and NYU Stern Center for Sustainable Business (2025) Private Equity and Value Creation : Sustainability as a Driver of Returns. London and New York : Principles for Responsible Investment. Disponible à l'adresse : https://www.unpri.org/private-equity
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